Logo UNIMA

Union Internationale de la Marionnette

ONG - Partenaire officiel de l'Unesco

Espace membre

Actualités

Rapport annuel du Secrétaire général, après la réunion physique et digitale du Comité Exécutif d de l’UNIMA International, Pilsen, 7-9 juin 2022.

« Suppléez par votre pensée à nos imperfections, Divisez un homme en mille, Et créez une armée imaginaire. Figurez-vous, quand nous parlons de chevaux, que vous les voyez – Imprimer leurs fiers sabots dans la terre remuée. Car c’est votre pensée qui doit ici parer nos rois, – Et les transporter d’un lieu à l’autre, franchissant les temps – et accumulant les actes de plusieurs années – Dans une heure de sablier…»

(Shakespeare, Prologue, Henry V) “To Have or Not to Have?”, Tamtam Objektentheater / Photo : Dasha Knerova

Parfois nous sommes tristes, parfois nous sommes déçus, nous demandons à quoi cela sert ce que nous faisons. Le besoin de rêver est aussi force de croire – est-ce cela cette force de la « suspension volontaire de l’incrédulité » (comme dit Samuel Taylor Coleridge) ?

Nous sommes tous spectateurs. Le marionnettiste regarde, il touche, il se demande à chaque fois comment est-ce possible et s’émerveille de voir que c’est possible. Impuissance des hommes, impuissance des choses face à des mécanismes de l’Histoire, qui broient les hommes et les choses, les territoires et les horizons. Et pourtant, pouvoir des choses, et pouvoir des hommes ! Ouvrir de l’espace pour des impensés et l’oubli, pour que la mémoire ne puisse jamais céder et s’effacer, donner sens au miroir et à la surface pour montrer que tout espoir est mouvante impression de quelque chose d’autre.

Plus qu’attendre, il s’agit d’appeler et d’accorder le commencement à la vague d’une attention chaque fois nouvelle. Les choses parlent. Les ficelles composent trame et évidence pour glisser de brèches en brèches, de désastres en désastres, de lueurs en lueurs, d’horizons en horizons vers la scène.

Cette année est marquée par un accroissement de réunions et de volonté de communications, comme aussi de volonté d’avancer dans des projets transversaux comme des projets qui répondent à l’urgence des demandes de nos membres. La communication n’a jamais été aussi présente dans toutes les discussions, et d’ouvrir le plus possible les manières de communiquer et de mobiliser la nouvelle énergie du nouveau Comité Exécutif après le Congrès virtuel de fin d’avril 2021. 6 Réunions du Comité exécutif se déroulent depuis la nouvelle élection, soit plus que les 5 dernières années. La dernière hybride fût le moment de nous rencontrer physiquement pour une majorité d’entre nous dans le cadre du festival International SKUPA de Pilsen du 7 au 9 juin dernier en République tchèque. Et nous ne parlons pas du nombre de réunions de Commissions qui ont eu lieu dans le cadre des projets des Commissions. Ce désir de communication parmi nos membres a nourri même une dynamique de 4 rencontres exceptionnelles par un ensemble de Conseillers internationaux et de nos nombreux centres UNIMA au mois de mai dernier. Chaque conseiller international est et sera toujours invité à chaque réunion du Comité Exécutif en tant qu’observateur. La 7ème réunion du Comité Exécutif sera le mardi 11 octobre à 13H30 (CET). D’ores et déjà, nous vous invitons à cocher les dates du Conseil de Bali en Indonésie, qui aura lieu du 26 au 30 avril 2023. Un courrier plus spécifique vous sera adressé prochainement.

Nous pouvons clamer un certain succès par la réalisation de ces cinq premières réunions et de cette sixième réunion à Pilsen, comme des 7 Sessions ouvertes déjà réalisées, comme aussi les réunions des Happy Apéros de l’Unima durant le festival de Charleville-Mézières durant le festival, 6 Happy Apéros, ouverture, présentation des commissions et des centres nationaux, présentation de membres et de leurs projets, et bien sûr une ouverture officielle le mercredi 22 septembre à 11h, soit 7 réunions dans notre siège social et une discussion thématique sur « Resiliart et après ? ». Malgré le nombre relativement restreint de membres présents de l’Exécutif (car limités par les problèmes de voyage et de réglementations sanitaires), les préparations et les réunions lors du festival de Charleville-Mézières démontrent une réussite de collaboration, mais surtout une envie d’aller de l’avant dans une communication plus ouverte et plus proche. Ces réunions étaient des lieux de rencontres de membres et de non-membres sur des sujets variés comme aussi pour rencontrer des gens et passer de bons moments ensemble. Durant ces réunions, nous avons organisé les premières réunions hybrides de notre organisation, pour faire partager les moments de l’Unima durant le festival.

La journée mondiale de la marionnette s’est inscrite dans la malheureuse actualité du conflit entre la Russie et l’Ukraine. A l’ouverture de cette Journée Mondiale au Musée des Ardennes, le théâtre de Marioupol avait été bombardé. Malgré les tristes nouvelles, une solidarité sans précédent s’est manifesté parmi l’ensemble des membres du monde entier. Un fonds d’urgence « Free of Strings » a été créé dès les premiers jours du conflit par la Commission Coopération et mis en ligne sur notre site internet pour mobiliser des aides pour nos membres poussés à l’exil, pour les théâtres détruits et les compagnies en souffrance. Ce fonds est un fonds ouvert à tous les membres victimes de ce conflit, ukrainiens ou russes.

La Journée Mondiale fût portée par une affiche dessinée par le grand artiste et scénographe Adrian Kohler de la compagnie mondialement connue Handspring Puppet Company d’Afrique du Sud. Le texte fût confié à la pédagogue indienne, présidente de l’Unima India marionnettiste Ranjana Pandey. Le thème portait sur la vie aquatique et ouvrait l’imaginaire des fonds marins comme de la vie marine et aquatique pour les enfants comme pour les compagnies et les centres qui ont participé. La

mobilisation pour ce thème proposé de la Journée Mondiale de la Marionnette rencontra un succès, car plus de 50 vidéos du monde entier furent envoyés et des activités pour cette Journée furent organisées sur tous les continents.

Parler aussi de cette première année, c’est parler aussi de l’attractivité de notre organisation et de notre succès pour des pays et des artistes qui veulent créer des centres. De nombreuses nouvelles représentations ont été créées comme le Ghana, l’Ouganda, la République Démocratique du Congo, la Zambie, le Gabon, la Guinée, le Trinidad et Tobago, l’Irak. Saluons la réussite de la Guinée et de la Zambie, qui ont présenté leurs statuts lors de la réunion de Pilsen. Saluons aussi les deux nouveaux centres d’Afrique du début de cette année, que sont la Tunisie et le Soudan. Félicitons la Thaïlande et la République Dominicaine, qui ont présenté eux aussi leurs statuts pour approbation à Pilsen. C’est ainsi que Pilsen a vu le vote de 4 nouveaux centres : Guinée, Zambie, République Dominicaine et Thaïlande. Et depuis avril 2021, 6 nouveaux centres depuis 1 an. Et 6 représentations en devenir de centres. Pour cette première année, nous pouvons saluer cet engouement.

Faire face à l’urgence des demandes de nos membres quant aux désastres politiques et naturelles, faire face aux défis d’une communication plus ouverte, faire face aux défis de trouver de nouvelles ressources et de développer notre organisation de manière à ce qu’elle puisse proposer et même répondre à l’ensemble de ces questions inscrit le sens de notre organisation dans l’actualité du monde et de son avenir. Notre vision et nos projets affirment cette volonté de contemporanéité et de réponse à l’ensemble de ces défis en vue de la promotion de l’humanisme et des arts de la marionnette. Tous ces enjeux affirment toujours plus la nécessité de notre organisation dans la nécessité de création de la théâtralité et de l’imaginaire de la marionnette.

Dimitri Jageneau
Secrétaire Général