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Union Internationale de la Marionnette

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« Le ciel étoilé au-dessus de moi et la moralité en moi. Ces deux choses, je n’ai pas à les chercher ni à en faire la simple conjecture au-delà de mon horizon, comme si elles étaient enveloppées de ténèbres ou placées dans une région transcendante, je les vois devant moi, et je les rattache immédiatement à la conscience de mon existence. »

(Emmanuel Kant, Critique de la Raison pratique, II partie, Méthodologie, Conclusion)

Chè-e.r.e.s Président.e.s de centres nationaux, che.r.e.s Représentant.e.s, chè-e.r.e.s collègues, chè-e.r.e.s membres, chè-e.r.e.s ami.e.s,

Face aux bouleversements des crises humaines, comme des catastrophes de plus en plus impressionnantes que sont des incendies, des inondations, des tremblements de terre, ou des ouragans, à moins que ce ne soient la fonte des glaciers, ou des pôles et la montée des eaux qui toucheront de plus en plus de personnes, face aux tragédies d’une pandémie qui paralyse et frappe à tour de rôle de nombreux pays selon les hémisphères, les saisons et les différentes vagues attendues ou non, nous assistons depuis plus de 2 ans à des accélérations de catastrophes naturelles et politiques. Comment continuer et créer en tant qu’artistes après le Covid ? Comment continuer et ne plus continuer ce qui était hier pour demain ? Comment accepter que la musique, et tous les arts puissent être interdits dans un pays ?

Les mécanismes sont tels que des courants de pensées et de décisions bousculent l’espoir dans des retranchements et crises de plus en plus irréversibles. Nous nous devons de répondre et du moins d’essayer « sur le terrain » pour contrebalancer ces mécanismes d’horreur. Une honte nous envahit. Nous n’acceptons pas, et nous ne souhaitons pas renoncer par défaut. Les conséquences nous plongent dans l’immédiateté d’un désastre grandissant auquel nous nous devons de répondre.

Les projets futurs de notre organisation visent à se confronter à la question de la durabilité et à cette « écologie du signe » qu’est le théâtre de marionnettes (Michel de Ghelderode). Nous ne pouvons demeurer dans notre tour d’ivoire et regarder le monde et plus particulièrement les enjeux des différents mondes, comme des arts de la marionnette d’une position de surplomb. Cette question s’inscrit de plus en plus dans notre contemporanéité. Nous devons nous rendre compte que certains pays membres de notre organisation sont menacés en première ligne par ces changements climatiques et environnementaux.

Mais pas seulement à la question de la durabilité, mais aussi à la question de la crise politique qui traverse l’Afghanistan ou la Birmanie. Comment aider des marionnettistes en danger de mort par un régime ou tout simplement comment les sauver et leur donner cette énergie créatrice pour que leurs arts ne sombrent, comme eux, dans une disparition programmée ? Là encore, nous nous devons de réagir et de proposer une réponse.

Comme face à toutes les crises que l’UNIMA a traversées, et comme à l’époque de sa fondation en 1929, la réponse est une réponse de projets de coopérations, de rencontres virtuelles ou physiques, de communication, d’ateliers, de formation, de festivals, d’échanges. Comme nous avons développé le projet ResiliArt en 2019, nous nous devons de proposer des projets en phase dans ces nouvelles pratiques de solidarités et de partenariats internationaux, dans cette nouvelle pensée de développer une présence et une visibilité plus grande, dans une nécessité de stratégies de proximité auprès de nos membres et des artistes de la marionnette. Réseau d’accueil d’urgence pour artistes/ marionnettistes en danger, programme d’Aide à la création pour les artistes afghans exilés, ou d’autres nationalités – car nous ne pouvons penser qu’il n’y aura plus de créations de théâtres de marionnettes par des artistes afghans dans le futur – , des « Partenariats internationaux » pour repenser nos relations Nord-Sud, visibilité de notre organisation auprès d’autres organisations internationales non gouvernementales, soutien de réseau d’échanges d’artistes et d’académiques, reconnaissance internationale et nationale de nos arts dans tous les pays membres, renouvellement des pratiques démocratiques dans l’ensemble des centres à travers le monde, décentralisation et formation par un encouragement de découvertes d’autres cultures de la marionnette que la sienne, présence plus accrue dans les festivals internationaux de la marionnette pour donner force et légitimité à notre organisation, toutes ces propositions font partie des enjeux de notre organisation, que nous souhaitons réaffirmer encore plus fortement face aux crises at aux catastrophes que nous traversons.

Nous ne pouvons que vous appeler à participer à l’ensemble de notre programme proposé lors du Festival Mondial des Théâtres de la Marionnette (FMTM) de Charleville-Mézières, qui se déroulera du vendredi 17 au dimanche 26 septembre. L’ensemble de nos rencontres – les Happy Apéros et les rencontres thématiques – du dimanche 19 au vendredi 24 septembre de 18h à 20H (CET) seront doublés virtuellement sur les réseaux sociaux, sauf la création européenne de Douanes dont nous espérons que vous pourrez la découvrir dans des programmations de votre pays. Un verre de l’amitié aura également lieu le 22 septembre à partir de 11h (CET). Nous vous invitons tous à vous connecter et à participer à toutes ces rencontres.

Pour la communication d’évènements et de projets, nous vous appelons aussi à préparer vos annonces avec visuels et dans les 3 langues officielles pour le suggérer directement sur notre site. Il y a des logiciels de traduction très efficaces comme:

https://www.unima.org/fr/outils/suggerez-une-actualite/

https://www.unima.org/en/tools/suggest-a-news/

https://www.unima.org/es/herramientas/proponer-una-noticia/

Nous souhaitons aussi accueillir officiellement le nouveau Centre Unima Tunisie, ainsi que 4 nouveaux représentants internationaux en Zambie, au Congo, en Ouganda, et à Trinidad et Tobago. Qu’ils soient les bienvenus ! Saluons aussi parmi les nouveaux élus dans nos centres Yacouba Magassouba, le nouveau président de l’UNIMA Mali !

Notre imagination est notre capacité de se décentrer pour découvrir l’autre. Donner force à cette imagination contre un principe de réalité qui nous oblige à accepter l’inacceptable et le renverser caractérise ce désir d’inventer et de créer, ou tout simplement encore le désir d’imaginer autrement et autre chose. Tel est le défi de notre organisation internationale, porter haut et fort le pouvoir de la marionnette comme éveil de l’humain.


Dimitri Jageneau
Secrétaire général de l’UNIMA