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Union Internationale de la Marionnette

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Affiche de la Journée Mondiale de la Marionnette 2026

Dernière modification: 28-01-2026



Artist: Yaya Coulibaly

Yaya Coulibaly à la fondation Cartier le 12 décembre 2017

Yaya Coulibaly est un artiste marionnettiste, conteur, magicien et musicien malien né le 26 avril 1959 à Koula, dans le cercle de Koulikoro. Le jour de sa naissance fut un jour spécial en ce sens qu’il marque la cérémonie du Jo. Le pouvoir des ancêtres, dès lors, lui a été transmis bien qu’il ne soit pas l’ainé pour le mériter, tout comme l’exige la tradition.

Descendant direct de Biton Coulibaly, roi de Ségou, il a été très vite initié aux savoirs mystiques et a hérité de son père, d’un vaste enseignement concernant le théâtre de la marionnette qui occupe une place prépondérante dans les rites d’initiation des sociétés secrètes.

Plus tard, Yaya Coulibaly intègre l’Institut national des arts (INA) de Bamako pour une formation classique de base. Après cette étape, il étudie en France, avec notamment une formation à l’Institut International de la Marionnette suivie d’une autre à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et de la Marionnette (ESNAM) à Charleville-Mézières.

Durant son séjour estudiantin en Europe, il fréquente des ethnologues et participe activement à la construction des savoirs occidentaux sur les sociétés traditionnelles d’Afrique de l’Ouest. Il participe aussi aux recherches scientifiques liées à leurs objets.

Depuis plusieurs décennies, Yaya Coulibaly, héritier d’une très ancienne collection de marionnettes, est devenu un fervent gardien de la tradition bamanan, l’une des plus vieilles et des plus riches d’Afrique. Sa collection qui approche à ce jour 25 000 marionnettes, est complétée quotidiennement, avec de nouvelles créations de diverses natures.

Grâce à sa riche initiation traditionnelle, Yaya Coulibaly a su créer un nouveau théâtre de marionnettes dynamique et contemporain avec lequel il parcourt le monde entier.

En effet, en 1980, il fonde la troupe Sogolon dont le nom est une référence à la mère de l’empereur Soundiata Keita, fondateur de l’empire du Mali. Première du genre au Mali, la compagnie, depuis sa mise en place, travaille à promouvoir la création théâtrale d’influence bamanan, somono et bozo, via l’art de la marionnette au Mali, en Afrique et au-delà. Elle crée des spectacles, les diffuse à travers le monde, participe à d’importants festivals et forme des intervenants maliens, africains, européens, américains ou asiatiques, qu’ils soient artistes ou universitaires.

En 2006, sa collection a été exposée au Musée de l’Or Africain du Cap en Afrique du Sud. Cette exposition comprenait un ensemble de marionnettes anciennes et contemporaines de différents types (marionnettes à gaines, à fil, à ombres mais aussi des masques et statues). La même année, il a participé avec la Handspring Puppet Company, à l’exposition At Arms Length – Te art of African Puppetry à l’Africa Center de New-York. Ce sont de nombreux autres événements et lieux prestigieux, (l’Echomusée, dans le 18e arrondissement de Paris, Halles Schaerbeek Bruxelles, Documenta en Allemagne, la Galerie Manège Dakar, la Galerie Rotonde des Arts et le MASA à Abidjan, Le MAPAS en Espagne, Les journée théâtrales de Carthage…), à travers le monde qui l’accueille constamment.

S’inspirant des contes et leçons de morales tirés de la tradition orale africaine, Yaya Coulibaly met en avant les valeurs qui lui sont chères à savoir le courage, l’amour et la prospérité. Homme de conviction, grand défenseur de la liberté individuelle et collective, il ne cesse de condamner la guerre et les extrémismes qu’il nomme les gangrènes contemporaines.

Éternel enfant, voyageur infatigable, il octroie mille et une casquette aux marionnettistes : scientifiques, historiens, thérapeutes, géomanciens, sorciers, guérisseurs, formateurs, enseignants de la vie au service de la vie.

Père de famille, ce magicien des marionnettes s’est aussi donné du temps pour transmettre ses connaissances à ses enfants, en vue d’assurer la relève : « Je considère les marionnettes comme des objets de valeurs qu’il faut transmettre aux jeunes générations », confia-t-il.

Yaya Coulibaly, après plusieurs décennies au service de l’art de la marionnette, a jugé nécessaire de mettre en place un festival qui sera un rendez-vous annuel au service de l’art de la marionnette : le Festival international Sogobô de Bamako dont la première édition aura lieu en Mai 2024 et dont il est le président d’honneur du comité de pilotage.